Une opération d’autoconsommation collective sur le plus grand parc industriel de la région Auvergne-Rhône-Alpes

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À l’origine de ce projet réunissant acteurs public et privés : le Syndicat Mixte du PIPA (SMPIPA), aménageur et développeur du plus grand parc de la région Auvergne Rhône-Alpes. Dans la perspective de conjuguer déploiement des énergies vertes sur le parc et valorisation d’une parcelle inadaptée pour un usage industriel, le SMPIPA a souhaité étudier l’opportunité de développer un parc photovoltaïque.

En 2022, dans un contexte marqué par de fortes tensions dans l’approvisionnement énergétique, une fluctuation des prix et un contexte réglementaire naissant en matière d’ACC, des échanges avec plusieurs chefs d’entreprises du parc l’ont conduit à faire évoluer son projet. Pour répondre aux besoins environnementaux et énergétiques des entreprises du territoire, l’opération a ainsi pris une dimension collaborative et locale au travers d’un procédé d’autoconsommation collective.

L’évolution du périmètre de revente, initialement fixé à deux kilomètres autour du point d’injection, a été étendu à 20 kilomètres, permettant ainsi de concerner potentiellement toutes les entreprises du PIPA. Sur le plan opérationnel, une Personne morale organisatrice (PMO), baptisée Astrée Solar et regroupant six actionnaires dont le Syndicat Mixte du PIPA, a été créée pour exploiter la centrale solaire et assurer la liaison technique et administrative entre le gestionnaire de réseau et tous les participants de l’opération (règles de répartition de la production locale, réception des données de production et de consommation des participants…). Parallèlement, l’association Energia, rassemblant l’ensemble des parties prenantes du projet, a été créée.

11 000 modules, 7 200 MWh par an

« Ce projet collectif a nécessité cinq années de travail, de l’idée à sa concrétisation, explique Eddy Vanmarisse, président d’Astrée Solar. L’association d’entrepreneurs privés et d’un acteur public, un parc industriel en l’occurrence, pour développer un projet d’autoconsommation collective, est jusqu’alors inédite. »

Ayant nécessité un investissement de 4,5 millions d’euros dont 37 % sécurisés par les apports en capital des actionnaires, l’opération d’ACC s’appuiera sur une centrale de production photovoltaïque au sol en cours de construction. Composée de deux tranches, sa puissance cumulée s’élèvera à 6 MWc. Les 11 000 modules implantés permettront une production annuelle estimée à 7 200 MWh/an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 3 200 foyers. Alors que sa mise en production est prévue à la fin de l’année, la future centrale sera équipée d’un système de supervision destiné à optimiser l’exploitation par télésurveillance.

Le terrain sur lequel la centrale solaire sera implantée se situe sur la commune de Blyes et s’étend sur 56 395 m2. Propriété du Syndicat Mixte du PIPA, il a été mis à disposition pour la réalisation du projet assorti d’un bail à construction de trente ans.

Fixation des panneaux par battage

Une attention particulière est portée à l’impact du projet sur l’environnement. L’emprise sera ainsi entourée par une haie bocagère périphérique, composée de deux rangées de cinq essences différentes, permettant le passage de la petite faune, et couvrant 2 776 m2. Une partie de la haie située au Sud du projet sera conservée pour maintenir une continuité écologique.

Pour limiter l’artificialisation de la parcelle, qui sera considérée à 92 % comme enherbée, les panneaux solaires seront principalement fixés par battage, en limitant l’utilisation du béton à l’ancrage des pieux. Les panneaux et structures seront de faibles hauteurs (2,76 mètres au point le plus haut).

D’autres actions visant à limiter l’impact du projet sur l’environnement seront mises en place, y compris pendant les phases de chantier : absence d’utilisation de produits phytosanitaires, absence d’éclairage, planning de travaux adapté aux contraintes écologiques, présence d’un écologue en phase de chantier afin de sensibiliser les entreprises qui interviennent et limiter au maximum les effets du chantier sur le milieu naturel. En fin de chantier, le sol sera réengazonné, sur tout le site hormis les pistes. Pour entretenir les espaces verts, un test d’éco-pâturage est prévu la première année, à renouveler si le résultat s’avère concluant. Enfin, en prévision de la fin d’exploitation de la centrale solaire, le protocole prévoit un contrat de recyclage des panneaux avec l’éco-organisme Soren.

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